Pourquoi la variole du singe est devenue une urgence sanitaire mondiale

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L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a attribué au monkeypox son plus haut niveau d’alerte sanitaire. Elle espère que l’épidémie sera plus rapidement contrôlée, malgré un risque accru de discrimination des homosexuels.

En juin 2022, le comité d’urgence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’avait pas trouvé de consensus pour faire de la variole du singe, ou monkeypox, une urgence de santé publique de portée internationale (Usppi).

Un mois plus tard, en juillet 2022, le comité n’est pas plus parvenu à un consensus. Cependant, le directeur général de l’organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a décidé samedi 23 juillet d’attribuer à la maladie ce plus haut niveau d’alerte. « Lors de la première réunion, il y avait 3 040 cas notifiés dans 47 pays. L’épidémie a continué à progresser et nous en sommes à plus de 16 000 cas rapportés, dans 74 pays, dont cinq décès », a justifié le patron de l’agence onusienne.

Qu’est-ce que cela va changer ?

C’est la septième fois depuis 2007 que l’OMS active ce dispositif mis en place suite à l’épidémie de SRAS de 2003, qui avait mis en évidence la nécessité d’une meilleure coordination internationale. La précédente déclaration, faite le 30 janvier 2020 concernait évidemment le virus SARS-CoV2, responsable du Covid-19.

Selon le Règlement sanitaire international, la déclaration d’Usppi oblige théoriquement les États à renforcer la surveillance et les actions contre la maladie, ainsi qu’à notifier à l’OMS les risques sur son territoire.

Ces dispositions sont cependant jugées insuffisantes. L’OMS espère disposer d’un nouvel accord sur les pandémies en mai 2024. Vendredi 22 juillet 2022, l’Organe intergouvernemental de négociation (OIN), chargé de négocier cet accord, « a décidé, par consensus, qu’il sera juridiquement contraignant ».

La variole du singe peut-elle être comparée au VIH ?

Dans son mode de transmission hors des pays endémiques d’Afrique (où elle se transmet par la consommation d’animaux infectés et secondairement par contact avec des malades), l’épidémie touche principalement les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. La crainte d’un scénario type VIH – dont l’introduction chez l’homme a également été consécutive à la consommation de viande de brousse – est compréhensible mais hors sujet.

Contrairement au VIH qui perdure dans l’organisme et peut être transmis par des personnes asymptomatiques, le monkeypox n’est transmis qu’au contact avec les lésions (ou pas des objets ayant été en contact avec ces lésions) qui guérissent au bout de trois semaines. La dynamique de l’épidémie est totalement différente.

 

Si ce n’est pas si dramatique, pourquoi cette alerte ?

En Afrique centrale et de l’Ouest, cette maladie, trop longtemps négligée, provoque plus de décès (la souche du virus d’Afrique centrale est plus agressive). Les conséquences de la maladie sur les enfants et les femmes enceintes sont bien plus graves que chez les adultes.

Éviter que celle-ci n’atteigne plus largement la population générale est une priorité. Les épidémiologistes craignent également que la maladie essaime chez de nouvelles espèces locales (spécialement des rongeurs), ce qui rendrait son éradication plus compliquée.

L’épidémie peut-elle être rapidement endiguée ?

Que l’épidémie touche plus particulièrement un groupe identifié, avec des associations bien structurées et rompues à la lutte contre les infections (« grâce » à l’expérience du VIH) doit faciliter le contrôle de la maladie.

Tout au moins dans les pays qui ne répriment pas l’homosexualité. « La stigmatisation et la discrimination peuvent être aussi dangereuses que n’importe quel virus », a mis en garde Tedros Adhanom Ghebreyesus.

 

 

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