États-Unis. Ce que l’on sait de la fusillade à caractère raciste qui a fait 10 morts à Buffalo

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Ce samedi 14 mai, à Buffalo aux États-Unis, un homme a semé la terreur dans un supermarché, tuant 10 personnes et en blessant trois autres. La piste d’un crime raciste est fortement privilégiée par les enquêteurs. Le président Joe Biden a lui dénoncé clairement « un crime de haine à motivation raciale ». Voici ce que l’on sait, pour l’heure, de l’attaque.

Samedi 14 mai 2022, aux États-Unis, un homme a ouvert le feu dans un supermarché de Buffalo, dans l’État de New York, tuant 10 personnes et en blessant trois autres, dont deux gravement. Les autorités dénoncent une nouvelle attaque à caractère raciste d’un suprémaciste blanc.

Une enquête a été ouverte par le FBI, qui, au cours d’une conférence de presse, a affirmé étudier la piste à la fois « d’un crime haineux » et d’un « cas d’extrémisme violent à motivation raciale ».

Voici ce que l’on sait, en ce dimanche 15 mai 2022, sur cette fusillade.

10 personnes tuées, 3 blessés dont deux graves

La fusillade a eu lieu samedi après-midi, au supermarché « Tops » de la ville de Buffalo. D’après le chef de la police de Buffalo, Joseph Gramaglia, le tueur, armé d’un fusil d’assaut, a d’abord tiré sur quatre personnes sur le parking du supermarché, en tuant trois d’entre elles, avant d’entrer dans le commerce et d’y commettre un carnage.

Là, un garde de sécurité, policier à la retraite, a tiré sur l’assaillant mais ce dernier, protégé par un gilet pare-balle, n’a pas été blessé et a abattu ce garde.

Onze des personnes prises pour cibles étaient des personnes noires et deux étaient des blancs, dans ce quartier majoritairement afro-américain de Buffalo.

Le tueur présumé : un suprémaciste blanc de 18 ans

Lorsque la police est arrivée sur les lieux, le jeune homme a retourné son arme contre lui, au niveau de son cou, avant de se rendre aux forces de l’ordre, a poursuivi le commissaire Gramaglia.

Les autorités policières et judiciaires locales, reprises par plusieurs médias américains, présentent le tireur présumé comme un jeune homme de 18 ans, blanc. Il était équipé d’une « arme d’assaut », d’un gilet pare-balle, d’une tenue de type militaire, d’un casque et d’une caméra pour diffuser son crime en direct sur internet.

Selon les informations de plusieurs médias américains, reprises par France TV Washington sur Twitter, le tireur aurait diffusé la fusillade en direct sur la plateforme Twitch et s’y serait déclaré comme suprémaciste blanc et antisémite.

Le New York Times rapporte également que le tireur aurait diffusé un « manifeste » à caractère raciste de 180 pages sur internet. Le jeune homme y exposerait son plan pour tuer des personnes noires et se baserait sur des théories suprémacistes comme le « grand remplacement » et ferait référence à plusieurs reprises à des attentats comme ceux commis par Brenton Tarrant contre deux mosquées de la ville de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, en 2019, faisant 51 morts et 49 blessés.

Le journal local Buffalo News a également révélé qu’un mot terriblement injurieux, raciste et tabou aux États-Unis pour désigner les personnes noires avait été peint en blanc sur le canon de l’arme.

Une attaque retransmise sur Twitch

L’assaillant, qui portait une caméra, a commencé à diffuser son crime sur la plateforme Twitch, laquelle s’est déclarée « dévastée » et a promis une « tolérance zéro contre toute forme de violences ».

D’après le réseau social, le contenu a été supprimé « deux minutes » après le début de sa diffusion, le compte de l’assaillant a été « suspendu définitivement » et « tous les comptes susceptibles de rediffuser ce contenu sont sous surveillance ».

Des captures d’écran de la fusillade ont été publiées sur les réseaux sociaux, certaines semblant montrer le tireur avec une arme, se tenant au-dessus d’un corps dans le supermarché, rapporte Reuters.

Joe Biden dénonce un « terrorisme » d’« idéologie nationaliste blanche répugnante »

Dans la nuit de samedi à dimanche, le président américain Joe Biden a publié un communiqué, disponible sur le site de la Maison Blanche, dans lequel il dénonce clairement « un crime de haine à motivation raciale » et un « acte de terrorisme intérieur », perpétré « au nom d’une idéologie nationaliste blanche répugnante ».

Il s’agit d’une « tuerie atroce par un suprémaciste blanc », a tonné sur Twitter la gouverneure de l’État de New York Kathy Hochul.

De son côté, le maire de Buffalo, un Afro-Américain, Byron Brown, a dénoncé le fait que le tueur avait fait plusieurs heures de voyage pour commettre son crime dans un quartier majoritairement noir de Buffalo.

Cette tuerie en rappelle deux autres : un massacre raciste le 3 août 2019 lorsqu’un homme d’extrême droite de 21 ans avait tué 23 personnes, dont huit Mexicains et des personnes « hispaniques » à El Paso, au Texas ; et lorsque le 17 juin 2015 un suprémaciste blanc avait tué neuf fidèles afro-américains dans une église de Charleston en Caroline du Sud.

 

 

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