Climat. Pourquoi les villes font mieux que les États dans la lutte contre le réchauffement

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Municipalités, régions et autres territoires sont les bons élèves de la lutte mondiale contre le réchauffement climatique. Ils sont souvent organisés, inventifs, plus justes socialement. Ils manquent seulement de moyens.

Que faire quand les gouvernements, à commencer par les États-Unis de l’ère Trump, malmènent l’Accord de Paris pour le climat ? Se réjouir qu’un paquet de villes et de régions du monde se révèlent meilleures élèves ! Elles s’organisent en réseau, partagent leurs expériences et se montrent inventives.

Des territoires engagés

Plus de 10 000 villes ont ainsi rejoint la Convention des maires pour le climat et l’énergie, selon le rapport annuel de l’association Climate Chance, qui dresse le bilan mondial des actions climatiques.

Et les résultats sont là. « Les 1 800 villes du réseau européen qui ont déjà réduit leurs émissions de 26 % dépassent les objectifs des États de l’UE », constate le sénateur de Loire-Atlantique Ronan Dantec, président de Climate Chance. Autre exemple frappant ? La Californie qui bannit le gaz dans toutes ses villes, quand l’échelon fédéral américain reste englué dans le gaz de schiste.

L’énergie, au cœur de la transition

La production d’énergie renouvelable est emblématique : 58 villes, dont 44 en Europe, ont annoncé avoir atteint le 100 % d’énergie propre, en 2020. C’est le cas de Melbourne. Dans une Australie encore gavée au charbon, cette capitale régionale tire l’essentiel de son électricité d’un nouveau parc éolien de 80 MW. « Elle a aussi un outil intéressant pour s’approvisionner : les contrats garantissent un revenu stable aux producteurs locaux d’électricité. » D’ici à 2035, plus de 1 300 villes et régions du monde ont prévu de se débarrasser des énergies fossiles.

Transport intelligent et agriculture reconnectée

La réorganisation des transports urbains, gros émetteur de CO2, est essentielle. Le concept de « ville du quart d’heure », imaginé en 2016 par le spécialiste de la ville intelligente, Carlos Moreno, s’y attaque. L’idée ? Que tout habitant soit à moins de quinze minutes de tous ses besoins essentiels : manger, se soigner, etc.

La ville américaine de Minneapolis le fait. Elle a injecté 700 millions de dollars dans ses quartiers, pour mettre à la portée de tous, à vélo ou à pied, des nouveaux services de santé, de cuisine solidaire, de livraisons…

L’alimentaire est l’autre secteur innovant, afin de « reconnecter les centres urbains avec les terres agricoles », note Antoine Gillog, co-auteur du rapport. Si l’agro-industrie a tenu bon face à la pandémie dans les pays riches, l’Afrique a souffert. Mais elle peut réagir, comme l’a fait le département de Rufisque, au Sénégal. Pour que les cultures nourrissent d’abord les populations locales, les autorités ont réaffecté une partie des sols aux cultures vivrières au lieu de tout miser sur l’exportation du mil.

Lever les derniers freins

Les flux financiers ​circulent mal entre les collectivités et l’État, déplore le rapport. Un peu mieux là où les régions sont fortes, comme en Allemagne. Les villes doivent aussi progresser sur l’adaptation, note la climatologue Valérie Masson-Delmotte.

 

ouest-france.fr

pixabay

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