Guerre en Ukraine. Exportations de céréales vers la Turquie, aide américaine… Le point sur la nuit

Europe

Le premier cargo chargé de céréales ukrainiennes doit arriver ce mardi matin à Istanbul et pourrait ouvrir la voie à d’autres navires. Les États-Unis accordent une nouvelle aide de 550 millions de dollars à l’Ukraine. Retour sur les événements qui ont marqué la nuit du lundi 1er au mardi 2 août.

Face à la crise alimentaire mondiale, l’Ukraine a repris lundi 1er août 2022 ses exportations de céréales pour la première fois depuis l’invasion russe, avec le départ, salué unanimement, d’un premier bateau du port d’Odessa.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a « chaleureusement » salué le départ du navire, exprimant l’espoir que la reprise des exportations ukrainiennes, permise par un accord international, « apportera la stabilité et l’aide indispensables à la sécurité alimentaire mondiale ».

La ministre britannique Affaires étrangères Liz Truss a de son côté martelé qu’« il ne peut y avoir de nouveau bombardement du port d’Odessa », en référence à une frappe russe sur le port ukrainien le 23 juillet qui avait soulevé l’inquiétude sur la mise en œuvre de l’accord.

Au cours d’un entretien avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, le président français Emmanuel Macron l’a assuré de la poursuite des « efforts européens » pour aider Kiev à exporter ses céréales.

Le cargo « Razoni a quitté le port d’Odessa (sud de l’Ukraine, sur la mer Noire) à destination du port de Tripoli au Liban. Il est attendu ce mardi 2 août à Istanbul », en Turquie, où il sera inspecté, a annoncé le ministère turc de la Défense.

Selon les autorités ukrainiennes, le bateau est chargé de 26 000 tonnes de maïs. Des céréales sont déjà parties d’Ukraine depuis l’invasion russe le 24 février, mais depuis Berdyansk (sud-est), sur la mer d’Azov, zone occupée par les Russes.

Le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba, 16 autres bateaux chargés de céréales « attendent leur tour » pour quitter Odessa, qui concentrait avant la guerre 60 % de l’activité portuaire du pays.

Céréales : « Trop tôt » pour se réjouir, selon Zelensky

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a estimé lundi soir qu’il était « trop tôt » pour se réjouir après la reprise des exportations des céréales ukrainiennes depuis le port d’Odessa.

« À l’heure actuelle, il est trop tôt pour en tirer des conclusions et faire des prévisions », a-t-il déclaré dans son adresse vidéo quotidienne. « Attendons de voir comment l’accord fonctionnera et si la sécurité sera vraiment garantie », même si « c’est un premier signal positif que nous arriverons à stopper la crise alimentaire mondiale ».

Nouvelle aide militaire américaine

Le Pentagone a annoncé lundi 1er août 2022 qu’il fournirait une aide militaire supplémentaire d’une valeur de 550 millions de dollars (536 millions d’euros) à l’Ukraine.

« Afin de répondre aux besoins de l’Ukraine sur le champ de bataille, les États-Unis vont continuer de travailler avec leurs alliés et leurs partenaires pour fournir à Kiev les capacités nécessaires », a indiqué le Pentagone dans un communiqué.

Cette nouvelle aide comprendra notamment des systèmes de lance-roquettes multiples HIMARS.

Les sanctions pèsent sur l’économie russe

L’impact des sanctions occidentales sur l’économie russe est bien plus important que ce que montrent les chiffres officiels, selon une étude de l’Université de Yale, soulignant également qu’un « pivot vers la Chine » semble peu réaliste.

« Un récit commun a émergé », indiquent les auteurs de cette étude : les sanctions économiques imposées par les pays occidentaux contre la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine, auraient créé « une ‘guerre d’usure économique qui fait des ravages à l’Ouest’, étant donné la supposée ‘résilience’ voire ‘prospérité’ de l’économie russe ».

« C’est tout simplement faux », assurent ces experts de l’École de management de Yale, dénonçant des « statistiques sélectionnées » par le président russe, Vladimir Poutine.

Or, selon leur analyse, « les départs des entreprises et les sanctions paralysent l’économie russe, à court et à long terme ».

Les sanctions économiques, ainsi, dissuadent de nombreuses entreprises et pays de continuer à commercer avec la Russie. Et le pays peine à se fournir en pièces détachées et matières premières, ou à obtenir certaines technologies essentielles.

Le tableau est sombre : « Malgré les illusions d’autosuffisance et de substitution des importations […], la production intérieure russe s’est complètement arrêtée et n’a pas la capacité de remplacer les entreprises, les produits et les talents perdus ».

Les entreprises qui ont quitté le pays « représentent environ 40 % de son PIB, annulant la quasi-totalité des trois décennies d’investissements étrangers », avancent également les auteurs de cette enquête.

Pour pallier ces faiblesses, Vladimir Poutine « a recours à une intervention budgétaire et monétaire insoutenable », et les finances du Kremlin « sont dans une situation bien plus désespérée que ce qui est admis ».

Quant au « pivot vers la Chine » voulu par Vladimir Poutine, il pourrait se fonder sur « des hypothèses optimistes irréalistes ».

« La Russie représente un partenaire commercial mineur pour la Chine, […] et la plupart des entreprises chinoises ne peuvent pas risquer d’enfreindre les sanctions américaines ».

Ton conciliant entre Biden et Poutine sur le TNP

Le président américain Joe Biden s’est dit prêt à discuter d’un nouvel accord sur les armes nucléaires avec la Russie, et a appelé Moscou à agir de bonne foi, alors que son homologue russe, Vladimir Poutine, a déclaré qu’une guerre nucléaire ne connaîtrait aucun vainqueur.

Les deux dirigeants ont diffusé des communiqués, alors que s’ouvre la 10e Conférence des parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

Le traité New START, signé en 2010 entre les États-Unis et la Russie, plafonne le nombre d’ogives nucléaires et de lanceurs nucléaires déployés par les deux puissances.

« (Cette conférence) se tient alors qu’un tel danger nucléaire n’a pas été connu depuis l’apogée de la guerre froide », a déclaré le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. « L’humanité n’est qu’à un malentendu, une erreur de calcul de l’anéantissement nucléaire. »

Antonio Guterres a averti que des crises « à connotation nucléaire (s’envenimaient) », citant notamment le Moyen-Orient, la Corée du Nord et la guerre en Ukraine.

Dans une lettre adressée aux participants à la conférence, Vladimir Poutine a estimé : « Il ne peut y avoir de vainqueur dans une guerre nucléaire et celle-ci ne devrait jamais être déclenchée, et nous défendons une sécurité égale et indivisible pour tous les membres de la communauté mondiale. »

Joe Biden a de son côté indiqué que « (son) administration (était) prête à négocier rapidement un nouveau cadre de contrôle des armements pour remplacer le traité New START lorsqu’il expirera en 2026 ».

Le président américain a toutefois ajouté que « la négociation (nécessitait) un partenaire disposé à agir de bonne foi. La Russie doit démontrer qu’elle est prête à travailler au contrôle des armes nucléaires avec les États-Unis ».

 

ouest-france.fr

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