Les e-cigarettes Juul interdites aux États-Unis, vers un même destin en Europe?

Europe

La vapote n’a plus la cote aux États-Unis. Les autorités sanitaires du pays, représentés par la Food and Drug administration (FDA) viennent d’interdire la vente des cigarettes électroniques de la marque Juul.

Née en 2017, la marque Juul, occupe la majorité du marché américain des cigarettes électronique. Elle est surtout est connue pour ses parfums fruités, mangue et baies rouges notamment. Ce qui faisait craindre à la FDA que cela donne envie aux adolescents de commencer à fumer. « Nous reconnaissons que beaucoup [des produits vendus par la marque] ont joué un rôle disproportionné dans la croissance du nombre de jeunes qui vapotent » ont-ils noté dans un communiqué.

Juul était déjà sous le collimateur de la FDA pour ses campagnes de publicité. La marque avait dû s’acquitter en juin d’une amende de 40 millions de dollars ( 38 millions d’euros) à l’État de la Caroline du Nord. Elle était accusée de cibler les adolescents dans ses campagnes de publicité, et donc de les encourager à commencer à fumer à un âge où les addictions se développent beaucoup plus facilement.

Pour la même raison, depuis 2019, l’état de New York a banni la vente de cigarettes et d’e-cigarettes parfumées à autre chose qu’au tabac ou au menthol. À l’époque, Donald Trump avait également déclaré qu’il envisageait une interdiction des cigarettes électroniques aromatisées à l’échelle nationale.

L’Union européenne prévoit de durcir les règles sur les cigarettes électroniques

Depuis 2020, tous les pays de l’Union européenne et le Royaume-Uni bannissent la vente de cigarettes et de tabac à rouler mentholées et aromatisées. Les cigarettes électronique sont pour l’instant épargnées, mais elle sont visées par le plan européen de lutte contre le cancer.

‘Notre plan Cancer vise une génération sans tabac d’ici 2040. Nous évaluerons le cadre législatif de la lutte antitabac, notamment la règlementation des produits et de la publicité, la promotion et le sponsoring, et les autres politiques de contrôle du tabac.

Un des objectifs de ce plan est de réduire largement la population de fumeurs en Europe à moins de 5% de la population d’ici 2040, contre 25% aujourd’hui.

La position de la Commission est que la taxation du tabac est la méthode la plus efficace et rentable pour réduire la consommation de tabac, comme elle l’a réaffirmé en 2021.

Le plan prévoit par exemple d’appliquer les mêmes restrictions sur le vapotage dans l’espace public que pour les cigarettes classiques. Pour l’instant, en France par exemple, il est possible de fumer dans les espaces collectifs fermés comme les bars, café, restaurants, discothèques, stades, administrations publique… À condition que le règlement spécifique de l’établissement ne l’interdise pas. Cela changerait avec l’évolution de la règle européenne.

Un rapport publié le 20 mai 2021 établit la position de Bruxelles vis à-vus des e-cigarettes. D’après la dernière évaluation par le Comité scientifique des risques sanitaires, environnementaux et émergents (CSRSEE), une approche « prudente et précautionneuse » doit être maintenue vis-à-vis des e-cigarettes.

À ce stade, l’Estonie, la Finlande, la Hongrie et les Pays-Bas ont instauré une interdiction à la vente des cigarettes électroniques parfumées.

Une mauvaise cible ?

Les défenseurs des cigarettes électroniques maintiennent que les cigarettes électroniques sont un outil utile de la lutte contre le tabagisme et qu’elles ne représentent qu’un risque minime.

Le lobby des e-cigarettes World Vapers’ Alliance sur Twitter : « Malgré toutes les preuves scientifiques indiquant l’efficacité du #vaping en tant qu’outil de réduction des méfaits du tabac et de sevrage tabagique, le #BeatCancerPlan de l’UE a préféré l’émotion aux faits. »

Ils pointent aussi du doigt les nouveaux usages qui attirent beaucoup plus les jeunes comme les « puffs », ces cigarettes électroniques jetables qui s’achètent chez les buralistes avec un large éventail de parfum d' »ice cream fraise », à « coca pétillant » en passant par « bubble gum » avec un taux de nicotine du 0 à 20mg/ml, similaire aux cigarettes électroniques classiques.

 

 

 

euronews

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