L’UE change de stratégie pour négocier l’embargo du pétrole russe

Europe

Alors que les sanctions à l’encontre de la Russie pour ses actions en Ukraine deviennent de plus en plus douloureuses économiquement pour l’UE, la Commission négocie l’embargo sur le pétrole russe, tout en essayant de préserver l’unité européenne.

Les ambassadeurs de l’UE ont reçu les plans finalisés de la sixième série de sanctions de la Commission à l’encontre de la Russie mardi dernier vers minuit. Le jour suivant, la cheffe de la Commission Ursula von der Leyen a exposé les propositions de sanctions aux députés européens, lors d’un discours devant l’hémicycle à Strasbourg. La « chorégraphie » – formulation qu’utilise Bruxelles pour décrire les débats à l’origine de ses annonces capitales – était différente du cinquième paquet.

La fois précédente, Ursula Von der Leyen, rejointe par le plus haut diplomate de l’Union européenne Josep Borrell, s’est empressée de présenter les détails des sanctions au Parlement sans les avoir communiquées, d’abord, aux ambassadeurs.

Les États membres avaient été irrités par la publication de la Commission de ces plans sensibles et lourds de conséquences. Car, pour la première fois, l’énergie russe fait partie des sanctions de l’UE et son interdiction impacte profondément les économies européennes.

Cette fois-ci, de nombreuses discussions avec les pays membres de l’UE ont été menées avant que les sanctions ne soient rendues publiques. Les responsables de la Commission ont alors déclaré qu’ils étaient « optimistes » quant à la volonté des États membres de donner leur accord à l’élimination progressive du pétrole russe.

De difficiles négociations

Hélas, les choses ne se sont pas déroulées comme prévu, compte tenu des réticences de la Hongrie et d’autres pays. Ce week-end, les États membres de l’UE étaient toujours en pourparlers, au sujet des difficultés qu’engendrerait le retrait progressif du pétrole russe.

Cette nouvelle série de mesures est en préparation, en substance depuis le mois de janvier, quand la perspective d’une invasion par la Russie était considérée comme une menace. Pourtant, « personne n’a jamais pensé qu’on en arriverait là », a déclaré la semaine dernière une source hautement placée de la Commission européenne à Euronews.

« J’ai suivi Poutine pendant des années. Il y a vingt ans, nous pensions qu’il était un modernisateur avec lequel nous pouvions travailler. Il semblait enthousiaste à propos de la Russie et des ambitions partagées par la jeunesse russe. Pourtant, nous voilà au beau milieu d’une invasion russe dans un pays européen », avait-il ajouté.

Plusieurs diplomates ont déclaré que la nature « ambitieuse » de ce train de sanctions a pris les ambassadeurs de l’UE par surprise. « L’abandon progressif du pétrole russe est un moment décisif et nécessitera de sérieux investissements dans les énergies renouvelables, ainsi que l’adhésion de pays comme la Hongrie et la Slovaquie, qui dépendent entièrement du pétrole russe – il faut avoir une certaine sympathie pour eux », a déclaré un diplomate.

Entre-temps, le Premier ministre hongrois Victor Orban a comparé les propositions de sanctions de la Commission à l’égard du pétrole russe à une « bombe atomique économique”. Malgré une offre visant à donner à la Hongrie et à la Slovaquie jusqu’à la fin de l’année 2024 pour mettre fin à leur dépendance au pétrole russe, Budapest a d’abord cherché à obtenir une dispense totale.

Toutefois, des sources estiment qu’un accord est possible et que Victor Orban « parle fort » pour obtenir le plus possible – y compris plus de fonds de la part de Bruxelles, afin de faciliter l’adoption des sanctions.

 

 

euronews

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