Industrie. L’Europe devra avoir doublé sa production électrique en 2050

Europe

Électricité décarbonée, développement des investissements dans le secteur des semi-conducteurs, l’Europe accélère pour tenir ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre et ne pas se faire distancer dans le numérique.

En choisissant de réduire d’au moins 55 % par rapport à 1990 ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030, l’Europe n’a pas le choix. Elle doit repenser l’ensemble de son modèle économique. Cela implique de multiplier par deux la production électrique en 2050​, a rappelé Thierry Breton commissaire en charge du Marché intérieur lors d’une visioconférence, lundi 6 septembre. Il faudra aussi décupler les capacités éoliennes et multiplier par huit ou neuf les panneaux photovoltaïques.

Un commissaire pro nucléaire

Un sujet sensible dans tous les États membres. À chaque pays de choisir le mix énergétique correspondant à cet objectif. Une certitude pour Thierry Breton, on pourra difficilement se passer du nucléaire dans le cadre de cette transition. Il représente 25 % de la production électrique européenne. Et le choix de l’Allemagne de s’en passer a été coûteux en CO2​. Dans le même esprit, le commissaire européen se dit ouvert à l’idée de prolonger sur une période de trois à quatre ans certaines centrales appelées à fermer pour lancer le cycle de production de l’hydrogène. En garantissant bien sûr toutes les conditions de sécurité. Un virage qui nécessite par ailleurs de repenser l’ensemble des infrastructures d’interconnexion des réseaux électriques.

Doubler la production de semi-conducteurs

Toute la chaîne de valeur de l’industrie automobile est bousculée. Ce secteur emploie 14,6 millions de salariés en Europe. Des métiers vont disparaître et de nouveaux se créer. Une transformation qui nécessitera un accompagnement en termes d’investissements et de formation. La batterie représentera 40 % du coût d’un véhicule et les semi-conducteurs 35 %. ​Dans les deux cas, l’Europe doit combler son retard. L’industrie des semi-conducteurs européenne qui représente 10 % des capacités mondiales n’a pas assez investi. Alors que le marché est là, faute d’approvisionnements suffisants, 10 % des véhicules européens pourraient ne pas sortir des lignes de production cette année.

Ce fossé, ce n’est pas à l’Europe de le combler estime Thierry Breton. C’est du ressort des industriels. Il veut en revanche soutenir l’Europe dans les investissements critiques pour que l’Europe ne se fasse distancer par les Asiatiques et les Américains. L’objectif est de pouvoir graver des semi-conducteurs jusqu’à deux nanomètres ​en créant des alliances à l’échelle du marché européen et en associant des crédits publics et privés. Le commissaire européen en est convaincu, il faut se préparer à la 6G et à l’internet des objets. Pour Thierry Breton, l’Europe devrait disposer à terme de 20 % de la capacité mondiale de semi-conducteurs contre 10 % aujourd’hui.

 

ouest-france.fr

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