Le Danemark renonce au vaccin de Johnson & Johnson à cause d’éventuels effets secondaires

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Coronavirus

Après avoir tiré un trait sur le vaccin d’AstraZeneca en avril, devenant le premier pays européen à le faire, le Danemark fait maintenant une croix sur celui de Johnson & Johnson. Si le pays prend cette décision ce lundi, c’est à cause des possibles effets secondaires graves mais rares du vaccin, en l’occurrence la possible apparition de caillots sanguins.

En concluant « que les avantages ne l’emportent pas sur le risque de provoquer un éventuel effet secondaire », l’autorité nationale de santé danoise va ainsi à l’encontre des recommandations de l’Agence européenne des médicaments.

Cette décision va retarder le calendrier de vaccination de quatre semaines au Danemark, mais les autorités relativisent : elles assurent que la majorité des personnes à risque ont été vaccinées et que l’épidémie est désormais « sous contrôle« .

Le nombre de cas quotidien est en effet loin du pic de la deuxième vague de décembre dernier et sur le plan de la vaccination, 11% de la population danoise a reçu deux doses et 23,3% des habitants ont reçu au moins une dose d’un vaccin, selon les chiffres de Our World in Data.

Appel aux dons

Alors, le Danemark offrira-t-il les doses inutilisées aux pays les plus pauvres ? La Suède, qui a limité l’utilisation du vaccin d’Astrazeneca aux plus de 65 ans, a fait don d’un million de doses au système Covax, qui a pour but d’assurer l’accès des pays les plus pauvres aux vaccins.

Et ce ne serait pas de refus. Car l’OMS peine à mobiliser des fonds et des doses. Le système Covax patine : seulement 49 millions de doses ont été livrées dans un total de 121 pays alors que l’objectif est d’en livrer 2 milliards en 2021.

L’OMS en a donc appelé ce lundi à la mobilisation des nations les plus riches, réunies au sein du G7, et qui doivent se retrouver en Angleterre en juin. « L’accélérateur d’accès aux outils de lutte contre le Covid-19 ACT est actuellement confronté à un déficit de financement de 19 milliards de dollars. Et nous estimons que nous aurons besoin de 35 à 45 milliards de dollars supplémentaires l’année prochaine pour vacciner la plupart des adultes dans le monde. Les pays du G7 pourraient eux-mêmes mobiliser une partie importante de ces fonds. »

Cet accélérateur nommé « ACT » est un projet de coopération internationale qui associe l’OMS, des organisations mondiales du domaine de la santé comme la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI), le Gavi, l’Alliance du vaccin, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, Unitaid ; la Fondation pour l’innovation en matière de nouveaux diagnostics, mais aussi la Fondation Bill & Melinda Gates.

Gordon Brown, envoyé spécial des Nations-Unies pour l’éducation, a appelé les dirigeants du G7 à trouver une « formule équitable » pour assumer les deux tiers des coûts liés à la lutte contre la pandémie. Il propose que 27% de l’addition totale soit réglée par les Etats-Unis, l’UE payerait 23%, le Royaume-Uni 5%, le Japon 6% et le Canada 2%. Pour faire bonne mesure, l’Australie et la Corée du Sud participeraient aussi à hauteur de 2%.

Blocages

Peu avant cet appel, Covax a annoncé qu’il allait acheter 500 millions de doses du vaccin anti-Covid de Moderna, mais plus de 90% des fioles ne seront pas disponibles avant 2022. Outre Moderna, l’OMS a homologué le vaccin de Pfizer-BioNTech, les deux sérums AstraZeneca fabriqués en Inde et en Corée du Sud et celui de Johnson & Johnson.

Le système s’est heurté à la volonté des Etats les plus riches, qui face à la pression populaire, se sont procuré le plus de doses possibles au détriment des autres. Le dispositif est également mis à mal par la décision prise par l’Inde de bloquer les exportations des doses produites par AstraZeneca via le Serum Institute of India (SII), le géant asiatique étant lui-même débordé par l’épidémie de Covid.

Selon le docteur Bruce Aylward, en charge du dossier Accélérateur ACT à l’OMS, ce coup d’arrêt décidé par Delhi a privé Covax de quelque 100 millions de doses.

Les Etats-Unis entendent pour leur part fournir à d’autres pays 60 millions de doses du vaccin AstraZeneca, sans préciser pour l’heure si ces distributions seraient faites via Covax.

L’enjeu de la vaccination est crucial : selon l’OMS, les pays ayant vacciné plus de la moitié de la population ont enregistré une baisse drastique des niveaux de contamination. Ce qui est loin d’être le cas de nombreux pays pauvres.

 

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