Zone euro : pas de rigueur avant 2023

Europe

Le pacte de stabilité européen, qui encourage les Etats de la zone euro à limiter leurs déficits publics, restera suspendu en 2021 et 2022 en raison de la crise économique et sanitaire, a déclaré la Commission européenne.

Pas de retour à la rigueur avant 2023. Les ministres des finances de la zone euro ont réaffirmé en ce début de semaine leur engagement en faveur de politiques budgétaires généreuses. Réduire la dette ne sera pas une priorité assurent-ils, tant que la reprise ne sera pas fermement engagée.

« Le critère clé est en effet de savoir si l’économie atteint son niveau d’avant la crise, de 2019, et actuellement, selon les prévisions de l’hiver, nous estimons que cela se produira à la mi-2022 et, à partir de là, nous concluons que « clause dérogatoire générale » devrait rester activée en 2022 mais plus en 2023« , a déclaré Valdis Dombrovskis, le vice-président de la Commission européenne chargé du commerce.

« La meilleure façon d’assurer la viabilité de la dette publique est de soutenir la reprise (…) et pécher par excès de prudence dans les circonstances actuelles signifie maintenir le soutien budgétaire. Nous ne répéterons pas l’erreur de la dernière crise« , a de son côté affirmé le commissaire européen à l’Economie, l’Italien Paolo Gentiloni.

« Nous sommes allés trop loin »

La dette de la zone euro a atteint cet automne les 100% de la production économique, un chiffre bien plus élevé pour certains pays du Sud.

Pour l’économiste allemand Daniel Gros, le problème de l’Europe n’est pas de savoir quand réactiver son pacte de stabilité. Mais bien de repenser son modèle social.

« Nous avons sauvé le modèle social européen lors de la pandémie, mais je pense que nous sommes allés trop loin. Nous avons essayé de protéger les emplois, en oubliant qu’à long terme, nous ne devrions pas protéger les emplois mais les travailleurs« , déclare Daniel Gros, le directeur du Center for European Policy Studies (CEPS), interrogé par Euronews.

« Aux États-Unis, des dizaines de millions d’emplois ont été perdus et presque autant de personnes ont trouvé un nouvel emploi, une autre profession. Et c’est ainsi que l’économie américaine progresse. Et si on ne change pas de paradigme à ce sujet, on risque de prendre encore plus de retard« , craint l’économiste.

La Commission européenne attend le mois de mai pour confirmer sa décision sur le soutien budgétaire, avec un œil sur la vitesse des campagnes de vaccination, l’un des facteurs-clés de la reprise.

 

 

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